Le Syndrome de LESCH-NYHAN associe une encéphalopathie (handicap moteur complexe, déficience mentale et troubles du comportement sous forme notamment d'automutilations) et une surproduction d'acide urique, dont les dépôts entraînent avant tout des lésions rénales.
Il est en relation avec une mutation hétérogène sur le gène de structure de l'
HGPRT, localisé sur le chromosome "x" (mode de transmission récessif lié au sexe)
Cette mutation entraîne en particulier une perte d'activité enzymatique, qui est totale ou quasi totale au niveau des hémolyses, ainsi qu'une perte totale de l'immunoréactivité.
La perte d'activité de l'
HGPRT des hémolyses est une condition nécessaire pour parler de syndrome Lesch-Nyhan.
Cette activité est en effet normale dans trois types de syndromes :
=> Les
pseudo syndrome Lesch-Nyhan (associations d'une maladie neuropsychique semblable à celle du syndrome de Lesch-Nyhan et d'une dyspurinie)
=> Les
pseudos déficits partiels en HGPRT (associations de signes neurologiques mineurs et d'une dyspurinie)
=> Les
formes mutantes d'HGPRT sans déficit au niveau des hémolyses (associant des signes neurologiques d'intensité variable et d'une dyspurinie)
Cette perte d'activité au niveau des hémolyses, de même que la perte de l'immunoréactivité, ne sont cependant pas des conditions suffisantes.
LES TROUBLES DU COMPORTEMENT
=>
Les automutilations
La description de ce symptôme diffère selon la conception physiopathologique qui la sous-tend, deux conceptions sont à l'opposé :
=> Pour LESCH et NYHAN, les automutilations sont en relation avec les anomalies biochimiques cérébrales d'origine génétique : ce pourrait être des perturbations multiples dans les interactions des systèmes impliqués dans la neurotransmission.
Ces enfants ne veulent pas effectuer le geste qu'ils font : ils ne peuvent pas résister à ce comportement.
Ils sont heureux si on les protège contre eux-mêmes et leurs cris sont interprétés comme des appels au secours.
C'est un comportement féroce, qui confine à l'autodestruction, l'autophagie, avec besoin incoercible d'intégrer sa propre substance, besoin qui ressortirait du domaine biologique (pato-biologique).
La thérapie comportementale serait inefficace et ne ferait qu'exacerber les troubles.
=> Pour DUKER, JOCHMUS, KOCH, WILHELMES-TROOP et MEYER, les automutilations des enfants Lesch-Nyhan sont considérées comme un comportement appris, qui est à la fois fonction des stimuli de l'environnement et des conséquences sociales d'un tel comportement.