Manifestations de la maladie
Manifestations de la maladie / Prise en
charge et traitement
Traitement de la maladie en elle-même
L’origine de la LAM étant inconnue à ce jour, il n’existe
malheureusement aucun traitement efficace.
Le fait que la LAM ne touche que les femmes (un seul cas
masculin rapporté) en âge de procréer et que la maladie dans certains cas ait
progressé plus vite pendant des grossesses, semble plaider en faveur du
caractère hormonodépendant de la maladie. C’est pourquoi un traitement à base de
progestérone et d’anti-oestrogènes est souvent proposé. Il ne s’agit là que de
tentatives thérapeutiques pour lesquelles il n’existe pas de consensus. Le
traitement à base de progestérone est généralement proposé aux patientes chez
qui la maladie progresse rapidement.
Un suivi régulier (plus ou moins rapproché en fonction de
l'évolution) est recommandé avec radiographies, scanners, EFR et gaz du sang.
Une échographie abdominale à intervalles réguliers afin de vérifier la présence
éventuelle d’angiomyolipomes rénaux ou de surveiller leur évolution est
généralement recommandée.
Si aucun traitement spécifique de la maladie n’a fait preuve
de son efficacité, en revanche, on sait de mieux en mieux prendre en charge les
différentes manifestations de la LAM.
Une note d'espoir : Des recherches récentes à l’étranger ont mis en évidence
qu’un dysfonctionnement génétique (absence d’une protéine au niveau cellulaire)
pourrait être à l’origine de cette prolifération de cellules musculaires lisses.
Il se trouve que l’on connaît un médicament permettant de rétablir la fonction
du gène défectueux au niveau cellulaire. Des essais thérapeutiques sont
actuellement en cours aux Etats-Unis et vont l'être très bientôt au Royaume-Uni.
Pneumothorax
Un pneumothorax est un épanchement d’air dans la plèvre
dû à la rupture de kystes. Cet épanchement d'air entraîne la rétractation (plus
ou moins importante) du poumon (qui ne peut donc plus réaliser correctement sa
fonction) Il se traduit pour la patiente par une gêne respiratoire plus ou moins
intense et aigüe. Il peut survenir spontanément en l’absence de tout effort.
C’est l’une des manifestations les plus courantes de la LAM. Il faut dans un tel
cas se rendre immédiatement au service des urgences en expliquant que les
pneumothorax sont très fréquents dans cette maladie.
Le traitement est la pose d’un drain thoracique avec
aspiration. Malheureusement, ces pneumothorax sont souvent récidivants et
peuvent nécessiter une intervention chirurgicale visant à "coller" le poumon à
la paroi thoracique afin d'éviter qu'ils ne se reproduisent. On considère
maintenant que cette intervention doit être effectuée le plus tôt possible afin
d’éviter d’autres pneumothorax qui nuisent gravement à la qualité de vie des
patientes et qui peuvent aggraver l’insuffisance respiratoire. Les nouvelles
techniques chirurgicales permettent des types d’intervention qui ne
compromettent plus de futures transplantations.
Chylothorax
Le chyle est un liquide composé de lymphe et de graisses
provenant de l’alimentation. Il peut arriver que ce liquide s’accumule dans la
cavité pleurale à cause des kystes sur les vaisseaux lymphatiques. Dans ce cas
il peut être utile d'évacuer le liquide par aspiration, bien qu'il soit
préférable à long terme de tenter d'éviter son accumulation par une intervention
chirurgicale. Un régime pauvre en graisse favorisant une variété de lipides
(triglycérides à chaîne moyenne) peut se révéler efficace. Par ailleurs un
traitement à base d' octréotide est à l'étude et peut être proposé.
Ascite chyleuse
Une ascite est définie par la présence de liquide
abdominal entre les deux membranes du péritoine. Si l'ascite est importante une
ponction peut s'avérer indispensable. Dans certains cas une intervention
chirurgicale peut être proposée.
Angiomyolipomes rénaux
Un angiomyolipome est une tumeur bénigne composée d’un
mélange de cellules vasculaires, musculaires et graisseuses. Ils sont présents
dans environ la moitié des cas de LAM et détectés au moyen d’une échographie
abdominale ou d’un scanner. Souvent asymptomatiques, ils ne nécessitent aucun
traitement lorsqu’ils restent de petite taille (inférieur à 4 cm) S’ils
grossissent et/ou entraînent des douleurs ou saignements, il faut traiter par
intervention chirurgicale (ablation de la tumeur en conservant le maximum de
tissu rénal ou embolisation) Il est donc nécessaire de surveiller l’évolution de
ces tumeurs.
Insuffisance respiratoire
L'altération progressive du tissu pulmonaire due à la
présence des kystes entraîne à terme une insuffisance respiratoire plus ou moins
sévère. La prise en charge de cette insuffisance respiratoire repose, comme pour
les insuffisances respiratoires de toute cause, sur l'oxygénothérapie (au repos
et/ou à l'effort) Cette oxygénothérapie se fait au moyen d'un poste fixe, ou
avec de petits matériels portables qui permettent de se déplacer en maintenant
une bonne oxygénation de l'organisme. Parfois, des matériels d'aide à la
respiration (ventilation non invasive au masque) sont utiles pour éviter la
fatigue des muscles respiratoires. L’arrêt du tabagisme est recommandé ainsi que
les vaccinations anti-grippales et anti-pneumococciques (vaccins pris en charge
par la sécurité sociale)
Transplantation
En cas d’évolution avancée de la maladie la transplantation
pulmonaire (ou cœur-poumon) reste l’ultime possibilité. Les résultats des
transplantations effectuées chez les patientes atteintes de LAM ne sont pas
significativement différents de ceux effectués pour d'autres pathologies. Bien
que des cas de récidive de la maladie dans le poumon greffé aient été rapportés,
ceux-ci ne remettent pas en cause le bien-fondé d'un recours à une
transplantation.
La transplantation pulmonaire reste toutefois très délicate,
avec des résultats imparfaits (de l’ordre de 60% de survie à deux ans après la
transplantation)