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Neuropathie et gammapathie

Amélioration de la neuropathie après autogreffe de moelle dans le POEMS syndrome

Le Polyneuroapthy Organomegaly Endocrinopathy, M-protein, Skin changes (POEMS) syndrome est une affection multisystémique associée une affection hématologique, de pronostic sévère. Depuis 2000, plusieurs équipes ont rapporté un effet bénéfique de chimiothérapies à haute dose avec autogreffe de moelle osseuse, permettant l’obtention de rémission clinique systémique. Peu de détails sur l’évolution neurologique étaient précisés dans ces études. Cette équipe japonaise rapporte l’évolution neurologique (clinique et électrophysiologique) de 9 patients traités par autogreffe de moelle, avec un suivi moyen de 20 mois. L’amélioration neurologique a commencé entre 1 et 3 mois après la greffe pour tous les patients et s’est poursuivie jusqu’à la fin du suivi. _ Les paramètres électrophysiologiques ont également été améliorés. 3 patients initialement en fauteuil roulant ont récupéré la marche et 6 patients ont retrouvé une activité normale. Aucun effet secondaire grave n’est survenu.

CONCLUSION : L’autogreffe de moelle est une option thérapeutique intéressante dans le POEMS syndrome qui permet, outre une amélioration des autres symptômes, une régression des troubles neurologiques (y compris chez les patients sévères). Le principal problème posé par ce traitement reste sa toxicité potentielle avec dans les études préalables un taux de mortalité liée au traitement de 5%. Des données sur un plus grand nombre de patients et avec un suivi plus prolongé seraient utiles pour mieux appréhender les indications de ces chimiothérapies intensives.

Neurologic improvement after peripheral blood stem cell transplantation in POEMS syndrome. Neurology. 2008 Nov:1691-5. Kuwabara S, Misawa S, Kanai K, Suzuki Y, Kikkawa Y, Sawai S, Hattori T, Nishimura M, Nakaseko C.

La thalidomide diminue les taux sériques de VEGF et améliore la neuropathie périphérique dans le POEMS syndrome.

Comme décrit précédemment, les données thérapeutiques récentes dans le POEMS syndrome sont en faveur d’un effet bénéfique des chimiothérapies intensives avec autogreffe de moelle. Cependant, certains patients, du fait de leur âge, d’une insuffisance rénale ou d’un échec de la stimulation médullaire ne peuvent pas bénéficier de ce traitement. Les auteurs de cet article ont donc traité 9 patients ne pouvant bénéficier d’une autogreffe par thalidomide, pendant une durée moyenne de 15 mois. Ce traitement a permis une nette diminution du taux sérique de VEGF chez tous les patients. Sur le plan neurologique, 4 patients ont amélioré leurs capacités de marche et selon les auteurs (résultats non détaillés dans l’article, 6 patients ont vu leurs symptômes neurologiques s’améliorer). De discrètes améliorations des vitesses de conduction nerveuse sur le nerf médian ont également été obtenues chez tous les patients. Aucun n’a développé de neuropathie toxique liée au thalidomide.

CONCLUSION : la thalidomide dans le POEMS est peut-être une alternative thérapeutique à l’autogreffe de moelle quand celle-ci n’est pas possible. Cependant, les résultats de cette étude nécessiteraient d’être confirmés, d’une part sur une population plus grande et d’autre part avec des critères d’efficacité clinique neurologique plus précis et mieux rapportés.

Thalidomide reduces serum VEGF levels and improves peripheral neuropathy in POEMS syndrome.

J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2008 :1255-7. Kuwabara S, Misawa S, Kanai K, Sawai S, Hattori T, Nishimura M, Nakaseko C.


Polyradiculonévrites chroniques

Intérêt de la prise de methotrexate en plus du traitement habituel dans les polyradiculonévrites chroniques. (janv 2009)

Dans une étude européenne multicentrique randomisée en double aveugle contre placebo les auteurs ont évalué l’efficacité d’un traitement immunosuppresseur par methotrexate chez des patients ayant une polyradiculonévrite chronique traitée soit par veinoglobulines soit par corticoides

Soixante patients ont donc reçu pendant 40 semaines , en plus du traitement habituel de leur neuropathie, du methotrexate à dose progressivement croissante (7.5mg par semaine jusqu’à 15mg par semaine). 82% étaient également traités pour leur neuropathie par veinoglobulines et 18% par corticoides.

Il n’y avait de différence significative d’efficacité dans les deux groupes traités. Ainsi, 52% des patients recevant le methotrexate et 44% de ceux recevant le placebo ont diminué d’au moins 20% leur dose de veinoglobuline ou de corticoides. Aucun effet secondaire rattaché à la prise de methotrexate n’a été relevé.

CONCLUSION : Cette étude ne montre pas de bénéfice à l’adjonction de methotrexate dans le traitement des polyradiculonjévrites chroniques. La tolréarance de moindre doses de veinoglobulines ou corticoides chez 44% des patients traités par placebo soulève la possibilité que la dose initiale administrée de corticoides ou veinoglobuline était supérieur aux besoins des patients. Compte tenu des effets secondaires potentiels et du coût des veinoglobulines cela pourrai peut conduire à revoir à la baisse les doses administrées en pratique quotidienne.

Randomised controlled trial of methotrexate for chronic inflammatory demyelinating polyradiculoneuropathy (RMC trial) : a pilot, multicentre study. RMC Trial Group. Lancet Neurol. 2009 Jan 9.

Efficacité des immunoglobulines intraveineuses dans le traitement des polyradiculonévrites chroniques associées à un diabète. (janv 2009)

Cette étude milanaise s’est intéressée de façon prospective au traitement des PRNC chez des patients par ailleurs diabétiques. Pendant les 18 mois de l’étude, 16 patients ont été traités par immunoglobulines intraveineuses (une première cure suivie d’autres cures si le patient était répondeur et qu’il rechutait). Les patients ont tous été suivis pendant au moins 40 mois. 14 des 16 patients traités ont été améliorés après les perfusions.

Conclusion : les PRNC ne sont pas rares chez les patients diabétiques. L’efficacité des immunoglobulines dans ce contexte souligne l’importance de dépister cette affection chez les sujets diabétiques, chez lesquels la première hypothèse diagnostique devant une neuropathie est celle d’une atteinte axonale liée au diabète, elle-même difficile à traiter.

Intravenous immunoglobulin is effective in patients with diabetes and with chronic inflammatory demyelinating polyneuropathy : long term follow-up. Jann S, Bramerio MA, Facchetti D, Sterzi R. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2009 Jan:70-3.

Intérêt des corticoïdes oraux séquentiels à forte dose dans les PRNC. (Nov 2008)

Cette étude prospective a porté sur un traitement par corticoïdes oraux à forte dose (500 mg/semaine pendant 3 mois puis adaptation de la dose en fonction de la qualité de la réponse clinique obtenue) dans les PRNC. 10 patients ont été inclus mais l’un d’eux a arrêté après la première prise en raison d’une mauvaise tolérance et un autre est décédé d’une autre cause. Sur les 8 patients restants 6 ont été mis en rémission et 2 continuent le traitement. 5 patients ont développé une ostéoporose.

Conclusion : Les auteurs concluent à une efficacité au long cours de ce traitement dans les PRNC, avec une bonne tolérance. Cependant, de tels résultats nécessiteraient d’être confirmés par une étude mieux conduite, en double aveugle et sur une population plus grande.

Treatment of chronic inflammatory demyelinating polyneuropathy with pulsed oral steroids. Muley SA, Kelkar P, Parry GJ. Arch Neurol. 2008 Nov:1460-4.

Efficacité des immunoglobulines intraveineuses dans le traitement des polyradiculonévrites chroniques (étude ICE) (Feb 2008)

L’étude ICE a évalué l’efficacité des immunoglobulines intraveineuses (une cure tous les 3 semaines pendant 6 à 12 mois), en comparaison à un traitement placebo chez 117 patients suivis pour une PRNC. Les auteurs ont ainsi montré que ce traitement était efficace chez 50% des patients contre 20% pour le placebo et permettait, à long terme, de diminuer la fréquence des rechutes. Les effets secondaires graves étaient plus fréquents dans le groupe placebo (1,9%) que dans le groupe traité (0,8%).

Conclusion : Aucune étude incluant un si grand nombre de patients n’avait jamais été réalisée dans cette affection. Elle permet de prouver l’efficacité à court et long terme des immunoglobulines dans les PRNC ainsi que leur relative innocuité.

Intravenous immune globulin (10% caprylate-chromatography purified) for thetreatment of chronic inflammatory demyelinating polyradiculoneuropathy (ICEstudy) : a randomised placebo-controlled trial. Hughes RA, Donofrio P, Bril V, Dalakas MC, Deng C, Hanna K, Hartung HP, Latov N, Merkies IS, van Doorn PA ; ICE Study Group. Lancet Neurol. 2008 Feb ; 136-44.


Neuropathie Amyloïde Familiale

Etude autopsique chez un patient porteur d’une mutation rare de NAF (TTR Lys54).(oct 08)

Cette équipe japonaise a pratiqué une autopsie chez un patient de 37 ans porteur d’une neuropathie amyloïde familiale avec une mutation génétique rare (TTR Lys54), décédé, après 4 ans d’évolution, des suites d’une atteinte cardiaque sévère. Ils ont retrouvé d’importants dépôts d’amylose au niveau du cœur et du nerf périphérique et aucun dépôt dans le système nerveux central ni dans le rein.

Conclusion : la distribution des dépôts d’amylose, importants dans le cœur et absents dans le rein, est caractéristique de cette mutation et explique la sévérité de cette forme de NAF.

Clinical and histopathological features of progressive-type familial amyloidotic polyneuropathy with TTR Lys54. J Neurol Sci. 2008 Oct 16. Nagasaka T, Togashi S, Watanabe H, Iida H, Nagasaka K, Nakamura Y, Miwa M, Kobayashi F, Shindo K, Shiozawa Z.

Origine de la mutation Val Met 30 dans la NAF. (Jui 08)

Cette étude génétique a cherché à définir l’origine historique de la mutation Val Met 30. En effet, il existe 4 grands foyers de population touchés par cette mutation, le principal au nord du Portugal, et les 3 autres en Suède, au Japon et au Brésil. L’étude génétique réalisée sur 60 patients a permis d’estimer l’âge de l’Ancêtre Commun le Plus Récent (ACPR) dans ces populations. Ils ont ainsi pu trouver un haplotype commun entre les populations brésiliennes et portugaises avec un âge estimé pour l’ACPR de 650 et 750 ans respectivement. En revanche, l’haplotype de la population suédoise était différent avec un APCR âgé de 375 ans.

Conclusion : ce travail conforte l’hypothèse d’une origine différente de la mutation entre les populations portugaises et suédoises et laisse supposer (ceci en accord avec l’Histoire) une origine portugaise à la mutation brésilienne.

On the origin of the transthyretin Val30Met familial amyloid polyneuropathy. Ann Hum Genet. 2008 Jul ;72(Pt 4):478-84. Epub 2008 May 5. Zaros C, Genin E, Hellman U, Saporta MA, Languille L, Wadington-Cruz M, Suhr O, Misrahi M, Planté-Bordeneuve V.

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