| Introduction : la maladie
de Behçet (MB) est une maladie inflammatoire, systémique,
et récurrente, caractérisée par des épisodes
d’exacerbation alternant avec des phases asymptomatiques,
d’étiologie inconnue. Le tableau clinique, dominé
par des aphtes oraux et génitaux, peut comporter des
poussées d’uvéites, d’arthrites et
de vascularites avec thrombose et engager le pronostic fonctionnel
ou vital. Les données sur la physiopathologie ont mis
en exergue le rôle effecteur majeur joué par les
polynucléaires neutrophiles et les lymphocytes T cytotoxiques
sur un terrain de susceptibilité génétique
(HLA-B51), des facteurs environnementaux (infections virales
et/ou bactériennes), et des anomalies de la réponse
inflammatoire et immunitaire. L’importance des lymphocytes
T régulateurs (Tregs) dans le contrôle des lymphocytes
T et B impliqués dans de nombreuses maladies auto-immunes
ou inflammatoires est de mieux en mieux documentée. Cependant
la place des Tregs dans la physiopathologie de la MB n’a
pas encore été étudiée.
Le but de notre travail est d’explorer
le rôle des lymphocytes T CD4+CD25+FoxP3+
(Tregs) dans la physiopathologie de la MB. L’étude
consiste à répondre aux questions suivantes:
Question principale : Existe t- il une anomalie quantitative
et/ou fonctionnelle des Tregs plasmatiques
chez les patients atteints de la maladie de Behçet ?
Questions secondaires :
1/ Lors d’une poussée inflammatoire de la MB, y
a t-il une anomalie quantitative des Tregs plasmatiques par
rapport à la phase asymptômatique? Cette anomalie
est elle due à une modification de la répartition
des Tregs au niveau des sites atteints par rapport au compartiment
sanguin ? Les Tregs sont ils fonctionnellement normaux ?
2/ A la phase asymptômatique, la répartition des
Tregs dans les différents compartiments de l’organisme
chez les sujets porteurs de MB est elle différente de
celle des sujets contrôls sains? Les Tregs sont ils fonctionnellement
normaux ?
3/ Cette éventuelle anomalie numérique des Tregs
est-elle accompagnée d’une modification quantitative
des autres lignées cellulaires sanguines (lymphocytes
T, B, cellules NK) et de la sécrétion de cytokines,
à la phase asymptômatique et lors d’une poussée
aigue?
Patients et méthodes : 3 groupes de
60 sujets, 30 adultes et 30 enfants dans chaque groupe (A :
patients en poussée de MB, B : patients porteurs de MB
asymptômatique, C : témoins sains) appariés
selon l’âge et le sexe, seront comparés entre
eux sur les critères suivants :
- Paramètres quantitatifs : numération
et pourcentages des sous populations lymphocytaires incluant
les Tregs (par cytométrie en flux) et taux plasmatiques
de cytokines (dosage par ELISA). Chez les patients A, les Tregs
et sous populations lymphocytaires seront aussi étudiés
au niveau du site atteint à la phase aiguë et après
le retour à la phase asymptômatique. Ils seront
comparés à des témoins exempts de pathologie
inflammatoire.
- Paramètres qualitatifs : l’étude
fonctionnelle des Tregs sera effectuée par des tests
d’inhibition de prolifération et de sécrétion
de cytokines pro-inflammatoires des lymphocytes T CD4, et de
suppression de la cytotoxicité des lymphocytes T CD8
en réponse à une stimulation non spécifique
et spécifique de la MB.
Perspectives et implication thérapeutique :
cette étude va permettre d’étayer le rôle
des Tregs dans la survenue des manifestations cliniques de la
MB. A partir de ces résultats, les thérapies cellulaires
utilisant des Tregs, ou immunologiques et pharmacologiques ayant
une action de modulation sur les Tregs, pourront être
évaluées dans le traitement de la MB
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