QUESTIONS
LES PLUS FRÉQUENTES
Q :
Comment
définit-on le Moya-Moya ?
R : L’ensemble
Moya-Moya regroupe plusieurs entités
résumées par un mécanisme commun. Dans
tous les cas il y a un rétrécissement progressif
et généralement symétrique de la
partie terminale des artères carotides internes (les
artères qui irriguent la partie antérieure du
cerveau) ou de la partie initiale des artères
cérébrales. Si le
rétrécissement ou l’occlusion
était rapide on aboutirait à une
ischémie (manque de vascularisation) du cerveau responsable
d’un accident vasculaire cérébral.
L’obstruction étant progressive, les
artères cérébrales se
défendent par le développement d’un
réseau secondaire de suppléance. C’est
ce réseau qu’on voit sur
l’artériographie (radiographie des
artères cérébrales) qui a
donné le nom japonais de la maladie : aspect en
volutes de fumée.
S’il permet de protéger le cerveau de
l’ischémie, ce réseau de
suppléance est cependant plus fragile. En effet, il existe
un risque supplémentaire de petits saignements, de petits
infarctus, voire même un risque de se boucher à
son tour. Toutes les maladies qui peuvent
entraîner un rétrécissement progressif
et bilatéral des artères carotides internes
peuvent donc aboutir à un Moya-Moya. C’est ce
qu’on appelle le syndrome de Moya-Moya ou Moya-Moya
syndromique ou Moya-Moya secondaire. Les causes peuvent être
la drépanocytose, la neurofibromatose de type I (maladie de
Recklinghausen), la trisomie 21 ainsi que les irradiations du cou
… Dans cette situation le traitement doit
s’intéresser au problème vasculaire
cérébral et aux autres symptômes de la
maladie. La participation génétique est celle de
la maladie causale.
Lorsqu’on ne connaît pas la cause de
l’épaississement des artères et
qu’il n’y a pas de signe autre que
cérébral on parle de Moya-Moya idiopathique ou de
maladie de Moya-Moya. On ne connaît pas à
l’heure actuelle la cause ni le risque
génétique de la maladie de Moya-Moya .
Q :
La maladie de Moya-Moya est-elle
héréditaire ou congénitale ?
R : Dans
la très grande majorité des situations il
n’existe qu’un seul cas dans une famille. Le Moya
Moya n’est donc pas héréditaire le plus
souvent. Parfois on peut observer deux cas dans une même
famille. Ceci est plus fréquent au Japon, où la
maladie est elle- même plus fréquente.
Même au Japon, seulement 10% des cas de Moya Moya concernent
plus d’une personne au sein d’une même
famille, soit frère et soeur, soit ascendant et descendant
(pas forcément direct). Le
mode de transmission est probablement dans ces familles de type
polygénique, ce qui veut dire que le risque des
apparentés est un peu augmenté mais ce risque
reste
très inférieur à celui des maladies
dites
mendéliennes La définition
d’une maladie congénitale est qu’elle
est présente dés la naissance.
Le Moya Moya congénital existe mais il est excessivement
rare.
Q
: Y
a-t-il
une
sensibilité différente à la maladie
selon la population étudiée ?
R :
Les Japonais sont plus sensibles que les
Européens aux maladies artérielles. Il serait
éventuellement intéressant de rechercher les
origines géographiques des familles de malades afin de faire
de possibles recoupements.
Q :
Avons-nous des
contacts avec la
médecine japonaise ?
R : Pas
de contact direct avec les équipes
de recherche japonaises mais il existe de multiples communications au
travers des publications et des congrès.Il faut
préciser que les Japonais étant plus sensibles au
Moya Moya, leur mode opératoire n’est pas
automatiquement transposable aux Européens.
Q :
Lorsqu’un enfant est
atteint, comment estimer le risque encouru par les frères et
soeurs ?
R : Cela
est actuellement impossible à préciser pour
la maladie de Moya Moya. Par contre dans le cas de syndrome de Moya
Moya, conséquence d’une maladie connue (par
exemple la
neurofibromatose), ce risque est celui de la maladie causale.
Cependant, si l’enfant ne présente aucun
symptôme,
il n’est pas indispensable de faire une expertise
Q :
Quels
examens prescrire ?
R : Principalement
l’IRM
encéphalique.
Q :
Pourquoi
les avis
divergent-ils
entre les médecins ?
R : Parce
qu’ils n’ont pas
suffisamment de recul ni d’expérience et agissent
selon les rares cas qu’ils ont rencontrés
personnellement.
Q :
En quoi
consiste la chirurgie ? R : Son
objectif est d’améliorer la perfusion,
l’irrigation du cerveau.
Il existe trois techniques :
- apporter de nouveaux vaisseaux provenant
d’un muscle implanté sur les méninges.
Les vaisseaux vont alors se développer et irriguer le
cerveau. L’intervention ne nécessite pas de
rentrer dans le cerveau ; l’acte chirurgical est alors plus
facile
- procéder à de
petits trous
dans la boite crânienne
, toujours sans toucher au cerveau, ce qui va déclencher une
colonisation vasculaire intracrânienne à partir du
scalp
- par
anastomose, c’est à dire essayer de
dériver directement l’artère
cérébrale épaissie (micro
pontage).C’est l’intervention la plus
délicate.
Q :
Y
a-t-il des solutions
mécaniques envisageables tels la pose de Sten (petits
parapluies pour maintenir l’artère ouverte) par
exemple ?
R : Difficilement
envisageable. Certes
c’est faisable mais pas forcément
bénéfique. En effet, , le très gros
apport sanguin déclenché par la pose de ces Stens
peut causer des hémorragies dans le réseau de
vascularisation annexe
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