Origine du nom : KA-BU-KI. Trois particules chantantes qui justement, introduisent au monde des arts. Ka est musique, Bu est la danse, Ki est le jeu de scène. Si les caractères chinois ont retranscrit Kabuki en lui donnant un sens composé de trois mots, il semblerait que la véritable origine du nom de cette forme théâtrale soit née du verbe kabuku, qui signifie "se contorsionner". Tout commence au Japon, vers 1601. Dans les plus grandes villes japonaises, l'on pouvait rencontrer des artistes de rue déguisés en étranger qui jouaient des scènettes. Les Kabukimono (textuellement "ceux qui sortent des sentiers battus") virent alors une nouveauté s'introduire au sein de leur art. La grande prêtresse O.kuni, danseuse au temple d'Izumo, greffa à ce théâtre traditionnel la discipline de la danse. Et c'est là qu'une aventure tortueuse commence pour le Kabuki.
Quel rapport entre la maladie et cet art théâtral? Nous allons très vite le comprendre. Si dans le théatre nô, les acteurs portaient un masque, le Kabuki a préféré, pour diverses raisons, opter pour le maquillage. Deux types de maquillage, témoins d'affrontements manichéens, sont utilisés dans le Kabuki, mais nous ne nous étendrons pas sur le sujet. Le maquillage du théâtre Kabuki a donc donné son nom à la maladie orpheline qui nous réunit ici, à cause des traits caractéristiques qui peuvent se dessiner sur le visage de celui qui subit les symptômes déformants du syndrôme.
Origine de la maladie : Le syndrôme a adopté ce nom à cause de ce maquillage expressif, certes, mais l'origine japonaise des deux médecins qui ont décrit en premier cette maladie (les Dr Niikawa et Kuraki) y est pour beaucoup. Ceux-ci ont désigné le syndrôme par son nom en 1981. La maladie a été évoquée en 1967, et seulement après en 1981. Le premier cas (du moins, on l'estime) proviendrait d'Inde. Il s'agit d'une petite fille de 8 ans, née de parents en excellente santé, mariés normalement (aucune consanguinité). Son développement moteur semblait prendre un léger retard, et les étapes habituelles du développement social de l'enfant semblaient échapper à la règle. Vers l'âge de cinq ans, on prend conscience de ses difficultés scolaires importantes. Et lors d'une visite à l'hôpital pour une infection respiratoire, on s'aperçoit que la petite fille souffre d'une maladie réelle et rare. Son quotient intellectuel avoisine les 60, ses sourcils sont arqués, elle présente une malformation faciale, des fentes palpèbrales, un philtrum plat, de l'hypotonie... et maintes autres manifestations qui ont pu mettre un doigt sur le véritable mal de l'enfant.
Les deux docteurs japonais ont longtemps cru que le Syndrome Kabuki était un fléau typiquement japonais. Mais plus tard, des cas venus d'Europe et du reste du monde viendront prouver qu'il ne s'agit pas là d'une maladie "ethnique", mais bien d'un syndrôme réel.
Si les origines historiques de kabuki sont parfaitement connues, les origines génétiques en sont encore strictement floues. On a pourtant soulevé l'hypothèse suivante : une infime partie d'un chromosome serait manquante. Puis des études datant de 2003 ont pointé du doigt une augmentation toute aussi infime de la matière génétique sur un chromosome, or tous les cas ne présentent pas cette anomalie. La science est encore désarmée devant Kabuki, et l'origine génétique du syndrôme est encore en étude.
Rédacteur : master
Date de création : 27/01/2007 : 23:26
Dernière modification : 04/10/2010 : 23:35
Catégorie : Connaissances
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