LES AMYOTROPHIES SPINALES
Les amyotrophies spinales sont dues à une dégénérescence des motoneurones de la corne antérieure de la moèlle épinière et parfois de leurs équivalents au niveau du tronc cérébral (noyaux des paires crâniennes) et du diencéphale. L'atteinte neurogène périphérique, d'apparition plus ou moins précoce, se manifeste par une faiblesse et une amyotrophie des muscles squelettiques. Il existe une diminution des réflexes ostéotendineux associée à de fréquentes fasciculations musculaires. Selon les formes, cette paralysie à prédominance proximale et symétrique, débute par les membres inférieurs et s'étend plus ou moins au tronc et aux membres supérieurs. La face est le plus souvent épargnée. L'atteinte des muscles respiratoires prédomine sur les intercostaux et respecte le diaphragme. L'intelligence est normale. Dans les formes d'apparition anténatale ou néonatale, peuvent coexister des signes d'atteinte bulbaire : troubles de la déglutition (fausses routes), anomalie de la commande respiratoire, troubles vasomoteurs…
L'amyotrophie spinale peut débuter à n'importe quel âge. Plus le début est précoce, plus le pronostic est sévère. L'atteinte des muscles intercostaux est constante, une surveillance respiratoire est indispensable.
L'électromyogramme met en évidence l'atteinte neurogène périphérique avec des vitesses de conduction nerveuse motrice et sensitive conservées.
Les amyotrophies spinales sont des maladies génétiques autosomiques récessives. Les anomalies génétiques ont été localisées sur le chromosome 5 et identifiées (gène SMN, gène NAIP et gène p44). Les techniques d'identification du gène SMN apportent un nouvel outil diagnostique. L'anomalie génétique peut désormais être décelée directement à partir d'une simple prise de sang, évitant la biopsie musculaire. Cela permet d'accéder plus facilement, plus rapidement, et plus sûrement à un conseil génétique et à un diagnostic anténatal.
PHYSIOPATHOLOGIE
Des anticorps reconnaissant spécifiquement la protéine SMN ont été développés. L'utilisation de ces anticorps révèle une corrélation très étroite entre le taux de la protéine et la sévérité de la maladie. La protéine serait impliquée dans le métabolisme des acides ribonucléiques (ARN). Elle est retrouvée dans des complexes ARN/protéines (complexe ribonucloprotéiques).
La création d'un modèle animal (souris) devrait permettre de déterminer les conséquences de l'altération de la protéine SMN et d'élaborer des stratégies thérapeutiques.
CLASSIFICATION
Les amyotrophies spinales sont classées en fonction de l'âge du début de la maladie. On distingue :
• les amyotrophies spinales infantiles types I et I bis
Débutant avant 6 mois, elles se caractérisent par une faiblesse symétrique (hypotonie) des muscles proximaux et des muscles du tronc. Cette faiblesse s'étend aux extrémités. La paralysie des muscles intercostaux et l'atteinte du tronc cérébral (forme débutant avant 3 mois) rendent cette forme particulièrement grave. L'évolution est sévère malgré l'instauration d'une prise en charge spécialisée.
• les amyotrophies spinales infantiles type II
Débutant après 6 mois, la faiblesse musculaire touche de façon symétrique les muscles proximaux et ceux du tronc. L'enfant ne peut jamais marcher normalement. L'atteinte des muscles intercostaux inférieurs est possible. L'évolution est stable après une phase d'aggravation.
• les amyotrophies spinales infantiles type III
Elles débutent à la fin de l'enfance ou au début de l'adolescence. Cette forme se caractérise par une faiblesse des muscles proximaux qui entraîne des difficultés à se relever du sol et à monter les escaliers. L'évolution est variable et habituellement lente.
• les amyotrophies spinales de l'adulte type IV
Débutant à l'âge adulte, on observe dans cette forme une paralysie et une atrophie des muscles distaux des membres inférieurs ainsi qu'une faiblesse des muscles des cuisses et des avant-bras. Elle se caractérise également par une atteinte respiratoire. La maladie progresse habituellement rapidement.
PRISE EN CHARGE
Quelle que soit l'importance de l'atteinte neurologique, l'évolution spontanée, en l'absence de prise en charge, se fait vers des déformations orthopédiques : scoliose, flexum… D'évolution douloureuses, ces déformations nuisent au confort dans la vie quotidienne. La prise en charge des conséquences de la paralysie doit donc être précoce. Préservant au mieux le pronostic vital, elle consiste en une assistance respiratoire et une prise en charge orthopédique. Une kinésithérapie adaptée (massages, mobilisations, Bird®, appareillage) et certains gestes chirurgicaux (chirurgie du rachis en particulier) permettent de lutter contre les rétractions musculotendineuses et les déformations des membres, du rachis et de la cage thoracique. La prise en charge consiste également à assurer la meilleure autonomie possible par l'utilisation d'aides techniques (fauteuil roulant électrique, informatique...). Parce qu'elle est personnalisée, cette prise en charge améliore le pronostic fonctionnel et la qualité de vie des enfants et des adultes atteints d'amyotrophie spinale.
GÉNÉTIQUE
Plusieurs gènes associés dans la maladie ont été identifiés. Le gène SMN (Survival motor neuron), gène déterminant dans les ASI, est absent chez 98% des personnes malades. À côté du gène SMN, deux autres gènes ont été identifiés : le gène NAIP (Neuronal apoptosis inhibitory protein) et le gène p44 qui est un facteur de transcription. Sur le chromosome 5, la région 5q13 est instable et contient des copies des gènes associés dans la maladie. On les appelle : p44c, NAIPc, SMNc. Le gène SMNc paraît jouer un rôle modulateur dans l'expression clinique de la maladie.
©AFM
Extraits de : Poster Les avancées Myoline "Amyotrophies spinales
infantiles", AFM, Evry, 1999 ; Fiche Technique Myoline "Principales maladies
neuromusculaires", AFM, Evry, 1999
Rédaction : S. Mekrami, E. Biard - Validation : A. Barois,
M. Fardeau, S. Lefèvre, J. Melki
Autres informations sur les amyotrophies spinales
Date de mise à jour : 01/09/99