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Association Française de la Cystite Interstitielle adresse administrative : 7, avenue du Rocher 94100 SAINT-MAUR E-mail : ci_france@hotmail.com Sondage
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La cystite interstitielle - Traitements
Dans la mesure où la cause de la cystite interstitielle n'est pas connue, le traitement est nécessairement empirique et son but est de diminuer l'intensité des symptômes et leur impact sur la qualité de vie des patients. La clé de la réussite du traitement est d'utiliser plusieurs thérapies pour contrôler les divers aspects de la maladie. 1 Traitements antalgiques Souvent les antalgiques usuels ne marchent pas. Les traitements anti-inflammatoires stéroïdiens donnent des résultats satisfaisants mais malheureusement peu durables dans le temps. Tous les traitements anti-douleurs peuvent être utilisés (dextropropoxyphène- paracétamol, tramadol, efferalgan codéiné), chaque patiente est différente et l'efficacité de tel ou tel traitement varie d'une personne à l'autre. Lorsque les douleurs sont très fortes on peut avoir recours à la morphine mais ce n'est souvent pas le plus efficace. 2 Hydrodistension L'hydrodistension vésicale que l'on réalise pour le diagnostic entraîne une rémission des symptômes dans 60 % des cas parfois pendant 4 à 12 mois mais souvent ils reviennent ; on peut répéter l'hydrodistension. Chez les patients chez qui il n'y a pas de réussite la première fois, souvent la 2e ou 3e hydrodistension fonctionne. Malheureusement, il y a un effet d'accoutumance et beaucoup de patients deviennent résistants à cette technique. Certains centres utilisent des hydrodistensions prolongées sur 4 heures qui ont montré des résultats intéressant avec 50% de patientes qui restent soulagées à un an. 3 Antidépresseurs et anticonvulsivants Les antidépresseurs tricycliques sont utilisés pour leur action sur la conduction nerveuse, diminuant les phénomènes douloureux : des doses d'amitriptyline de 25 mg jusqu'à 75 mg/jour (LAROXYL) ont montré des résultats satisfaisants sur certains malades. Les anticonvulsivants comme rivotril, Neurontin, tegretol peuvent donner de bons résultats. 4 Les réparateurs de la couche de glycoprotéines La théorie de la perméabilité de la paroi de la vessie a permis l'arrivée de traitements : les héparinoïdes, qui renouvellent la couche de glycoprotéines (grosses protéines) de la vessie, ils agissent donc plus sur la cause de la maladie. La paroi de la vessie met du temps à se réparer, c'est pour cela que ces traitements mettent du temps à agir. L'Héparine Elle s'utilise à la dose de 40 000 unités dans 20 ml d'eau stérile, une fois par jour, que l'on introduit dans la vessie par un sondage en le gardant le plus longtemps possible dans la vessie jusqu'à ce que ce soit inconfortable: au moins 20 min au départ puis de plus en plus longtemps jusqu'à 1 heure. En général, les effets du traitement apparaissent au bout de 6 mois à parfois 2 ans. C'est donc un traitement long et pénible. Le polysulfate de pentosane sodique (ELMIRON) La dose recommandée est de 100 mg 3 fois par jour. La plupart des patients commencent à avoir une amélioration des symptômes au bout de 3 à 6 mois et de bons résultats à partir de 6–12 mois. Plus sévère est la maladie, plus les symptômes évoluent depuis longtemps, plus le traitement mettra du temps à agir. Il y a peu d'effets indésirables : troubles digestifs, alopécie réversible à l'arrêt, augmentation des enzymes hépatiques. On peut se le procurer à la pharmacie des hôpitaux. Moyennant une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) ce produit est pris en charge par la sécurité sociale. L'acide hyaluronique (CYSTISTAT) D'après plusieurs études, il aurait montré une efficacité chez des patients pour qui le traitement par héparine ou elmiron avait échoué . Il s'utilise à dose de 40 mg (dilué dans 50 ml de soluté physiologique) que l'on introduit dans la vessie par sondage en le retenant le plus longtemps possible dans la vessie (au moins 30 min) toutes les semaines pendant 4 semaines puis 1 fois par mois pendant 1 an ; en général, au bout de 6 instillations, on peut dire si le traitement marche. Ce produit, assez cher, n'est pas pris en charge par la sécurité sociale. 5 DMSO Il est utilisé depuis 1977, le problème est qu'il donne d'excellents résultats au début mais progressivement une résistance s'installe et les symptômes reviennent. Il s'utilise par cures de 6-8 semaines en instillant une fois par semaine 50 CC de 50 % de DMSO dans la vessie par un sondage, en essayant de le garder le plus longtemps possible, c'est à dire en général quelques dizaines de minutes au maximum du fait de la maladie. En général il y a des résultats vers la 3è ou 4è instillation mais parfois dès la première. Après l'instillation, il y a parfois une augmentation de la douleur pendant 24 heures, c'est pourquoi on instille souvent un produit anesthésique en même temps. Ce produit est délivré gratuitement par les pharmacies des hôpitaux. 6 Antiallergiques Les allergies joueraient un rôle dans la cystite interstitielle. Lorsqu'il y a un terrain allergique ou que les symptômes augmentent lors des saisons d'allergie, on essaie ce traitement : l'hydroxyzine (ATARAX) (si elle entraîne trop d'effets sédatifs, on peut utiliser d'autres antiallergiques). 7 Antiulcéreux Une récente étude (2001) prouve l'efficacité de la cimétidine (TAGAMET ) 200 mg 3 fois par jour. C'est un médicament qui est classiquement utilisé pour les ulcères de l'estomac. 8 Association doxepim et piroxicam D'après une récente étude (2002), l'association de Doxepim qui est un antidépresseur à 25 à 75 mg/ jour et 40 mg/jour de piroxicam qui est un anti-inflammatoire non stéroïdien serait efficace sur les symptômes. 37 patientes ont été mises sous traitement pendant 8 semaines, 26 ont eu une rémission complète, 6 patientes ont eu une diminution des symptômes, 6 n'ont pas supporté le traitement et l'ont arrêté. Les patients qui ont des antécédents d'ulcères ne peuvent pas prendre le piroxicam. 9 Chirurgie La chirurgie ne concerne que 2% des cystites interstitielles et doit impérativement être réservée aux formes très invalidantes en cas d'échec de toutes les autres thérapies et en accord avec le patient, avec un accompagnement psychologique car ce sont des interventions lourdes. Entérocystoplastie d'agrandissement=reconstruction de la vessie On laisse en place une partie de la vessie (le trigone) et on l'agrandit avec un bout d'intestin. On la pratique dans les formes pollakiuriques avec des toutes petites vessies rétractées, les symptômes sont améliorés avec une diminution du nombre de mictions par jour ; mais dans les formes douloureuses de cystite interstitielle, cette méthode n'est pas recommandée car le petit bout de vessie qui reste en place continue de procurer des symptômes irritatifs. Cystectomie complète On ne la pratique que dans le cas des cystites interstitielles en « bout de course ». On enlève complètement la vessie et on met en place une vessie artificielle. On appelle cette chirurgie le Bricker : les uretères sont reliés à la peau et on fait une stomie (c'est à dire une poche à urine sur le ventre). Inconvénients : chirurgie très lourde et difficulté à accepter la stomie. Dénervation des racines sacrées On résèque les nerfs sacraux qui commandent la vessie, il y a un succès sur la douleur mais un risque d'incontinence. Implant sous cutané sacré La neuromodulation consiste à stimuler les nerfs sacrés par une électrode reliée à un boîtier de stimulation électrique. Un test précède l'implantation du boîtier réservée aux résultats positifs. Les résultats publiés restent contradictoires et lorsqu'ils sont positifs ils sont souvent temporaires. De plus, il y a des risques d'infection. 10 Traitements complémentaires -Régime Eviter les aliments acides (car l'acidité favorise l'agression de la vessie), riches en produits fermentés, en tyrosine, en tryptophane, en aspartame,… Il y a beaucoup d'hypothèses : en pratique, il vaut mieux que chaque patiente éradique les aliments qui aggravent les symptômes. On peut avoir recours à des alcalinisants urinaires : eau de vichy, bicarbonate alcaphor…. - Médecines douces Hypnose, yoga, rééducation périnéale, techniques de relaxation, acupuncture, ostéopathie, kinésiologie…
En conclusion, la cystite interstitielle est une maladie fréquente, mal explorée. Son origine est encore mal élucidée et le traitement reste empirique. Souvent uniquement attribuée à un substratum psychologique, elle est pourtant une affection organique à part entière. Son diagnostic ne doit plus rester méconnu en raison du lourd impact psychologique et social qu'elle peut avoir.
Dr Florence RAVEL, médecin Date de création : 29/08/2005 @ 11:45 |
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